En mars 2026, nous avons repris le chemin de
Compostelle sur le GR 65, au départ de Cahors, avec plus de
Les premiers jours se
sont déroulés sous un ciel étonnamment clément, avec une première semaine
presque sans pluie. Les sentiers, encore marqués par l’hiver, étaient souvent
boueux, rendant la progression plus lente et technique. Cette boue, parfois
instable et tenace, imposait une vigilance constante, ajoutant une dimension
physique supplémentaire à la marche. Peu à peu, le Lot s’est éloigné, laissant
place aux paysages ouverts et vallonnés du sud-ouest, entre murets de pierre,
champs encore endormis et bois silencieux.
Au fil des étapes,
le printemps s’est installé. Les températures ont progressivement augmenté,
jusqu’à offrir une douceur presque estivale lors des deux dernières semaines.
La nature s’est transformée : prairies verdoyantes, arbres en bourgeons et
rivières animées ont accompagné notre progression. En approchant du Pays basque,
les reliefs se sont accentués, annonçant les premiers contreforts des Pyrénées.
L’itinéraire nous a
conduits à travers cinq départements ; Lot, Tarn-et-Garonne, Gers, Landes
et Pyrénées-Atlantiques ; mais aussi plusieurs anciennes provinces riches
en identité : le Quercy jusqu’à Moissac, la Gascogne jusqu’aux environs
d’Arzacq-Arraziguet, puis le Béarn, avant l’entrée progressive en Pays basque,
de la Soule à la Basse-Navarre.
Chaque étape a
également été marquée par les rencontres. Les gîtes ont constitué des haltes
chaleureuses, où repas généreux et échanges entre pèlerins ont créé une
fraternité simple et sincère. Ces moments de partage ont pleinement contribué à
la richesse humaine du voyage.
Malgré quelques
portions de route parfois longues et une première moitié de parcours rendue
plus difficile par la boue, la météo s’est montrée particulièrement favorable,
avec seulement deux jours légèrement pluvieux.
L’arrivée à
Saint-Jean-Pied-de-Port a marqué une étape symbolique forte. Nichée au pied des
montagnes, la cité ouvre la porte vers l’Espagne et prolonge l’horizon du
chemin. Elle clôt cette première partie comme un seuil entre deux mondes.
Dans la continuité,
nous avons poursuivi l’ascension au-delà de Saint-Jean-Pied-de-Port jusqu’à la
frontière espagnole. Cette dernière étape, plus montagneuse, s’est distinguée
par un dénivelé soutenu et des paysages grandioses. La montée vers les crêtes
pyrénéennes, entre landes d’altitude et panoramas dégagés, a offert une
conclusion spectaculaire à cette traversée. L’arrivée à la frontière, après cet
ultime effort, a pris une dimension particulière : celle d’un passage, à la
fois géographique et symbolique, venant couronner un parcours intense et
marquant.
Ainsi s’achève ce voyage : une aventure soutenue, parfois
rude, mais profondément enrichissante, où se mêlent paysages, effort et
humanité.

























































































































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