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mardi 3 juin 2025

Le Chemin de Stevenson

 

 C’est une nouvelle aventure qui commence ; Évelyne et 3 de ses copines, Annie, Évelyne et Mireille, souhaitent profiter des bienfaits de la randonnée itinérante.   Mais la crainte de partir seules les bloque ; il est vrai qu’il n’est pas simple d’organiser sa randonnée, entre hébergements, calibrage des étapes en fonction des dénivelés et des structures d’accueil. Puis oser partir sur les chemins, à l’aventure : lorsque l’on débute, il y a toujours la crainte de s’égarer, même s’il y a maintenant de bons balisages et des outils mis à disposition. Elles ont choisi le GR 70, chemin de Stevenson, et m’ont sollicité pour les accompagner et organiser le séjour. Même si j’ai déjà effectué par deux fois ce GR, j’accepte de les accompagner et de prendre l’organisation en charge. Le projet se composera de 7 étapes qui ne dépasseront pas 25 km, avec un départ depuis Le Puy-en-Velay. Nous aurons alors parcouru environ la moitié du chemin.

Après ces 8 jours de marche, nous rêvons, encore imprégnés par la beauté des paysages traversés. Nous avons parcouru 170 km, et escaladé 4100 m de dénivelé positif. Chaque jour a été une découverte, une nouvelle lumière, un silence apaisant, un contact brut avec la nature. Bien sûr, la fatigue s’est fait sentir : les jambes lourdes, les pieds endoloris, mais elle est largement compensée par la fierté d’avoir tenu, pas après pas. Ce périple doit aussi être une rencontre avec soi-même. Loin du bruit quotidien, nous avons trouvé un espace intérieur plus calme, plus clair. Nous avons appris à écouter nos corps, à nous adapter au rythme du terrain, à ne pas forcer. La montagne enseigne l’humilité. Une fois rentré, une chose est sûre : cette aventure doit donner envie de repartir. Il y a quelque chose d’addictif dans cette simplicité et cette liberté.

Que dire du chemin de Stevenson ?

Nous avons parcouru une partie du chemin de Stevenson (GR70), un sentier de grande randonnée mythique qui traverse les Cévennes, en suivant les traces de l’écrivain écossais Robert Louis Stevenson. Le parcours s’étend sur environ 268 km, entre Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) et Alès (Gard), à travers des paysages variés et chargés d’histoire. Nous en avons parcouru un peu plus de la moitié.

Durant cette randonnée, nous avons traversé les plateaux volcaniques du Velay, les terres granitiques du Gévaudan, les vallées encaissées du Mont Lozère et les reliefs cévenols. Chaque étape offrait une ambiance différente : forêts de pins, landes, rivières, hameaux isolés et panoramas grandioses. Le chemin est bien balisé et ponctué de petits villages accueillants, où il est possible de se ravitailler et de dormir.

En ce mois de juin, la nature s’éveille en un éclat tranquille sur les sentiers de Robert Louis Stevenson. Chaque pas sur ce chemin devient une rencontre avec une flore foisonnante, sauvage et gracieuse.

Les talus bordent le sentier de genêts dorés, dont les grappes lumineuses dansent sous la brise légère. Leurs effluves suaves embaument l'air et rappellent les jours de soleil sans fin. Les orchidées sauvages se dévoilent discrètement, bijoux végétaux nichés dans les herbes hautes. Elles partagent leur royaume avec les centaurées, campanules et digitales pourpres, qui dressent fièrement leurs hampes florales vers le ciel.

L'odeur des thyms sauvages, surtout quand la chaleur monte en milieu de journée.

Dans les bois, les fougères déroulent leurs crosses comme des arabesques végétales, et les églantiers laissent éclore leurs délicates fleurs roses, prémices des fruits à venir.

Marcher en juin sur le chemin de Stevenson, c’est s’immerger dans un poème vivant, où chaque fleur murmure un vers au voyageur attentif. C’est une symphonie de couleurs et de parfums, une invitation à la contemplation et à l’émerveillement naturel.

Au-delà de la beauté des paysages, c’est une randonnée introspective, marquée par la solitude, la lenteur et le lien avec la nature, dans l’esprit du voyage de Stevenson et de son ânesse Modestine.



































































































jeudi 29 mai 2025

Séjour Pays Aubeterre-sur-Dronne

 Aubeterre-sur-Dronne, c'est un village suspendu aux confins de la Charente et de la Dordogne. Dès l’entrée, le charme opère : façades en pierre blanche, ruelles escarpées et terrasses fleuries. L’église monolithe Saint-Jean, creusée dans la roche au XIIe siècle. Un lieu saisissant, presque irréel, où la lumière naturelle filtre à travers d’anciennes ouvertures pour baigner la nef souterraine d’un halo mystique. Nos randonnées commencent au-dessus du village, en direction du chemin des coteaux, un sentier balisé traversant vignes, prairies et forêts de chênes. Nous croisons de vieux lavoirs, des murets de pierres sèches et, à chaque détour, des panoramas sur la vallée de la Dronne.

Très vite, les bruits du village ont disparu, remplacés par le murmure du vent dans les arbres et le chant des oiseaux. Le chemin serpente entre des haies denses et traverse de petits bois de chênes et de châtaigniers. Par endroits, on aperçoit de vieilles fermes en pierre, certaines encore habitées, d'autres envahies par le lierre et les souvenirs.

Un peu plus loin, le sentier longe la rivière Dronne, paisible et limpide. 

Ici, c'est le mariage parfait entre lumière, bois, eau et patrimoine, et cela permet des balades toutes en douceur.

Une halte à la chapelle Saint-Roch, perchée sur une colline, nous offre un panorama époustouflant sur la campagne environnante. Cette immersion dans la Charente rurale, entre patrimoine et nature, est une parenthèse précieuse.

Le pays d’Aubeterre-sur-Dronne est un territoire à taille humaine, riche d’une histoire profonde et d’une nature généreuse. Les randonnées, accessibles à tous niveaux, offrent une belle variété de paysages et de découvertes culturelles. Un coin de France discret mais inoubliable.















samedi 17 mai 2025

Randonnée dans les Mont d'Ambazac

 C’était au mois de mai, encore frais, où la brume s’accrochait aux cimes arrondies des Monts d’Ambazac. Dès les premiers pas, la nature m’enveloppait. Chênes, hêtres et sapins formaient une cathédrale verte. On entendait à peine le vent dans les branches. Le sentier montait doucement vers les hauteurs, offrant au détour d’un virage une vue saisissante sur les vallées environnantes. Les Monts d’Ambazac ne sont pas des géants, leur sommet, le Puy de Sauvagnac, culmine à un peu plus de 700 mètres, mais ils ont une âme ancienne. On y ressent la présence du passé. Au bord de l’étang de Jonas, un petit miroir d’eau calme bordé de fougères et de joncs. Les sentiers serpentent entre des chaos granitiques et des bosquets de bruyère. Le sol moelleux sous mes pas est plein d'émotion. Les Monts d’Ambazac sont un havre discret, loin des foules.

Un matin, sac sur le dos, gourde remplie, nous avons pris le départ depuis le petit village de Les Billanges, charmant et paisible, niché au cœur des monts d’Ambazac. L’objectif de la journée : atteindre la fameuse Pierre Branlante, ce rocher légendaire qui, dit-on, bouge au simple toucher d’une main. Le sentier grimpe doucement à travers les landes de bruyère et les forêts de châtaigniers. Le sol est souple, tapissé d’aiguilles de pin, et les chants des oiseaux ponctuent nos pas. Ça sent la mousse, le bois sec, et parfois, l’air s’emplit du parfum des fougères chauffées par le soleil. Le chemin devient plus rocailleux, et soudain, elle est là : massive, solitaire, en équilibre étrange sur une dalle de granit, au sommet du Mont d’Ambazac. La pierre semble défier les lois de la gravité. Autour, la vue est splendide : les monts de Blond à l’ouest, la forêt d’Ambazac à perte de vue, et au loin, quelques clochers de villages se devinent. Le calme est absolu, seulement perturbé par le vent qui siffle doucement entre les arbres. On s’installe pour pique-niquer face au panorama.